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Barthélémy Pedotti - Poterie céramique

de la carrière au défournement des émaux maison

 

Les contes sont des clefs dont la réalité est la serrure - d'après Hugo Verlomme


Les poteries

La poterie céramique est mon premier métier, une confrontation pacifique avec la matière, de la carrière à la cuisson des émaux,
qui vous façonne pour toujours

 

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Traditionnellement (en Europe) les poteries se classent selon leur température de cuisson, et donc selon leur taux d'impureté puisque plus l'argile est pure, plus on peut monter haut.
On travaille la faïence entre 950°C et 1100°C, le grès de 1250°C à 1300°C et la porcelaine jusqu'à 1400°C - valeurs indicatives bien sûr.

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Ayant appris les bases de l'art du faïencier avec Mr Jansana (Beaux-Arts de Montpellier), c'est à ces températures que j'ai fait les premiers pas - Vase grès, Tenmoku et jaune de fer

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Mais certains choix techniques - conception et fabrication des émaux à l'atelier, cuisson au bois plutôt qu'à l'électricité... - m'ont naturellement conduit au grès - Assiette aux kakis, cendres et fer sur Shino

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En Europe le grès - plus rare - fut essentiellement utilitaire, c'est une des raisons pour lesquelles de nombreux collègues, comme moi, ont tourné leurs regards vers la Corée et le Japon; ce fut un vrai choc culturel dans notre domaine! - Coupe Colline, bleu de fer

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L'artisan traditionnel ne cherche pas la prouesse technique pour elle-même; son exploit fut de tirer la quintessence des ressources locales - Bleu de fer sur Tenmoku

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Ainsi à l'ouest on a porté l'art de la faïence à des sommets pendant qu'à l'est on faisait de même avec le grès - décor sur Shino, cendres

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L'argile pure est le kaolin, un silicate d'alumine hydraté issu de la transformation des feldspaths pendant des centaines de milliers d'années; les émaux ou glaçures sont des verres un peu particuliers qui doivent fondre sur leur support sans couler; pour ce faire on ajoute de l'alumine - Verseur, bleu de fer et Shino sur Tenmoku

verseur

 

On comprend donc que ces matériaux sont chimiquement frères, d'où leur union réussie... quand tout se passe bien! car ces frères sont très réfractaires; cela convient parfaitement pour le corps de la pièce, on adapte la température de cuisson à l'argile utilisée; ce sont les émaux qui devront s'adapter. On ajoute donc des "fondants", lesquels pourront aussi apporter opacité ou matité par exemple - Théière, bleu de fer

verseur

 

Reste à caractériser l'émail: couleur, brillance, texture... ce qui n'est pas intuitif, on voit que l'oxyde de fer peut nous donner des rouges, des bruns, des jaunes, des bleus... selon la température, l'atmosphère de cuisson (oxydante ou réductrice) sans parler des phénomènes de réfringence - Verseur, bleu de fer sur Tenmoku

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Ainsi pour ces bleus de fer; le seul oxyde colorant utilisé est le fer dans le Tenmoku, la couche du dessous; celle du dessus est un émail transparent quand il est utilisé seul mais c'est lui qui "révèle" le bleu ...ou le jaune, le vert... - Flacon bouchon bois, bleu de fer sur Tenmoku

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la haute température du grès (autour de 1300°C) qui permet l'utilisation de matériaux "bruts", le jeu des atmosphères de cuisson (excès en carbone ou en oxygène) et celui des superpositions de couches nous donnent des variations infinies - parmi les émaux japonais utilisés (dans l'esprit du Wabi Sabi, l'abandon, l'impermanence mais aussi contraire de l'ostentation): le Tenmoku, brun à noir, le Céladon, vert olive transparent à semi-opaque, le Shino, blanc à crème-orangé, les couvertes, Nuka ou Ame, le rouge Kidama et le pourpre Murasaki dama... - Flacon, bleu de fer sur Tenmoku

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Composer soi-même ses émaux est une expérience unique; seul regret, il faudrait une dizaine de vies pour faire le tour de la question. - Bol, émail turquoise perso

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- un grand merci à Eric, aux "w3schools" et autres maîtres du CSS!